La mise en place d'un réseau soulève de nombreuses questions sur les contraintes d'utilisation.
Comment faire si le réseau à créer dépasse les distances maximales imposées par le type de câble utilisé ?
Comment faire parvenir les informations à d'autres réseaux que le sien ?
Comment relier des réseaux utilisant des protocoles de communication différents ?
Toutes ces questions peuvent être résolues grâce à différents types de matériels.
Les transceivers
Les cartes réseaux intègrent généralement une
voir plusieurs connectiques possibles,
RJ45 pour le 10Base-T, BNC pour le 10Base2 ou ST pour la fibre optique permettant
la connexion au support physique (câble). Parfois, ce n'est pas le cas
et seul une prise AUI (DB15 15 broches) est disponible. Ainsi, il faut, pour
permettre la connexion au support physique adjoindre un boîtier externe
appelé transceiver (émetteur-récepteur). Selon
le type de support, le transceiver proposera une prise AUI pour la connexion
à la carte réseau du matériel et une prise RJ45, BNC
ou ST pour celle au support. Pour les fibres optiques, les transceivers sont
de type optique. Ceux-ci convertissent les signaux électriques en signaux
optiques. Les transceivers peuvent être multiports et donc permettent
une connexion multiple sur un même câble un peu comme une multi-prises
électrique.
L'utilisation d'un transceiver sur un câble 10Base5 est particulier.
La connexion se fait au moyen d'une prise vampire. On peut ainsi utiliser
sur un concentrateur ne proposant que des connectiques
AUI,du BNC via un transceiver.
Attention, dans le cas d'une prise AUI mâle, il n'est pas possible d'utiliser
un transceiver du fait que la prise contient des éléments électriques incompatibles.
On doit alors se munir d'un répéteur.
Les répéteurs
Appelé aussi
repeater, ce matériel travaille au niveau 1 de l'OSI. Les répéteurs
permettent de dépasser les limitations de longueur dues aux câbles. Un répéteur,
récupère en entrée les données sous forme de bits (couche 1 de l'OSI) et les
transmet sans modification d'un câble sur un autre. Et ce matériel permet
aussi de faire la liaison entre deux types de câbles différents (
cf.transceivers)
En effet, les câbles ont une distance maximale de fonctionnement due à
l'affaiblissement du signal. Le
répéteur régénère ce signal. C'est un matériel
transparent ne nécessitant aucune administration. Les répéteurs
peuvent avoir une alimentation interne (pratique et plus fiable) ou une alimentation
externe.
Au maximum quatre répéteurs peuvent se succéder avec 500
mètres d'écart entre deux. Attention sur les cinq segments, seuls
trois peuvent contenir du matériel, deux ne servent que de liaison. D'autres
limitations existent dès que l'on entre dans les réseaux hauts
débits (100BASE-T norme 802.3u). Dans ce cas la norme prévoit
l'utilisation de deux types de répéteurs. Les répéteurs
de classe I et les répéteurs de classe II. Les premiers permettent
de réaliser un lien entre du 100BASE-TX et du 100BASE-F4. Un seul répéteur
de ce type est autorisé par sous-réseau. Les deuxièmes,
plus "intelligents" peuvent être utilisés par deux, séparés
de 5 mètres.
Les fan-out
Ce matériel est aussi appelé
multiplicateur d'accès. A la différence d'un
transceiver multiports, le fan-out ne change pas
de connectique entre l'interface et la technologie en sortie, on reste en
AUI - AUI, Fibre optique - Fibre optique ...
Par
exemple : sur un câble 10Base5, la distance obligatoire entre deux postes
est de 2,5 mètres. Cette limite dans un espace réduit est contraignante et
le câble n'a pas forcement une disposition idéale. Dans ce cas on peut utiliser
un fan-out relié à un transceiver (prise vampire) qui donnera la possibilité
de connecter plusieurs matériels sur un même point d'ancrage du support physique.
Le lien entre le transceiver et le fan-out est assuré par un
câble drop.
Le câble drop est un câble spécial disposant de deux prises 15 broches en
forme de trapèze permettant une connexion directe entre la carte réseau et
le transceiver. Plat il est de quelques centimètres, rond il peut atteindre
50 mètres.
Attention le débit maximal de la liaison entre le fan-out et le support physique
est partagé entre tous les postes connectés.
On peut cascader les fan-out. Un fan-out huit ports permettra de connecter directement
8 postes. En cascadant les fan-out vous pourrez connecter jusqu'à 64
utilisateurs à partir d'un unique point d'attache sur le câble
et cela dans un rayon de 150 mètres.
Les concentrateurs
Appelés aussi
Hubs, ils relient des postes de travail utilisant
la
topologie étoile. Le concentrateur
se situe alors au centre de l'étoile.
Les cartes réseaux de chaque poste sont connectées sur un port du concentrateur.
Il existe un port par connexion. Il existe des concentrateurs simples, empilables
(stackables) via un module matrice ou un bus ou modulaires (chassis avec des
cartes). Il est possible pour étendre le nombre de postes connectés d'empiler
jusqu'à quatre concentrateurs. Le chemin le plus long reliant un poste A à
un poste B ne doit pas traverser plus de 4 concentrateurs. Selon le câble
utilisé, (cuivre ou fibre optique), une distance de 100 mètres à 150 mètres
ou de 2000 mètres peut séparer les concentrateurs.
Le concentrateur permet grâce à un port particulier
de se raccorder
à un réseau d'un autre type (ethernet, token-ring, FDDI, ATM ...) grâce
à des cartes modulaires que l'on insère dans le chassis du concentrateur.
On peut ajouter des cartes augmentant d'autant le nombre de ports disponibles
et donc le nombre de postes connectabes. Le concentrateur peut proposer (selon
les cartes ajoutées) des ports RJ45 (10BASE-T), des ports BNC (10BASE2), des
ports ST (Fibre optique 10BASE-FL), des ports DB15 (AUI)(10BASE5) ...
Concentrateur optique : les ports peuvent aussi être des ports de
vitesse 100Mbits/s et non pas seulement des ports 10Mbits/s bien évidemment.
Attention avec un concentrateur, tous les ports connectés se partagent le
débit maximal.
Les cartes utilisateurs peuvent proposer un nombre de ports disponibles allant
de 8 à 24. Une même carte peut même être divisée
en groupe de ports représentant chacun un sous-réseau. Le concentrateur
transmet les données reçues d'une station ou matériel
de connexion (autre concentrateur, routeur ...) vers toutes les stations connectées
au sous-réseau, c'est de la diffusion. Les
couches deux et trois feront le tri afin de déterminer si ces données
leurs sont destinées. Attention : Le concentrateur propage les collisions.
Les ponts
Ils sont aussi appelés Bridge. Beaucoup d'entités ont des réseaux locaux
fonctionnant en intranet. Il arrive un moment où il est nécessaire de les
connecter avec d'autres réseaux. Une entité répartie dans des lieux différents
aura besoin de connecter ses sous-structures qui sont autant d'éléments d'un
même réseau ensemble.
Le pont permet cela. Il permet aussi de répartir la charge et de l'optimiser.
Un réseau est limité à 2,5 kilomètres, le pont permettra de dépasser cette
limite. Deux familles de pont existent. Les ponts transparents non filtrants
et les ponts transparents filtrants. Le matériel relie deux réseaux utilisant
la même technologie en segmentant le flux des données.
Le
pont non filtrant recopiera les trames sur tous les segments que le destinataire
soit sur le même segment que le poste émetteur ou non. Le pont écoute tout
ce qui se passe sur chaque segment, stocke les trames avant de les retransmettre
à l'identique vers les postes comme sur un bus unique qu'il soit sur le Réseau
A ou le Réseau B.
Le pont filtrant augmente la fiabilité du réseau. En effet, un poste
défectueux ne paralysera que le segment sur lequel il se trouve sans polluer
le reste du réseau. La sécurité s'en trouve aussi accrue. Les trames ne parcourent
pas forcement tout le réseau, elles ne sont pas envoyées systématiquement
à tous les postes mais uniquement au segment sur lequel se trouve le destinataire
et dans le segment où se situe l'émetteur.
Les données émises d'un poste A du réseau A vers un poste B du Réseau A n'iront
pas encombrées le réseau B. Ces ponts sont filtrants et utilisent un système
d'auto-apprentissage. Ils mémorisent dans une table les positions des éléments
contenus sur les segments. Si le destinataire et l'émetteur sont sur le même
réseau, la trame est ignorée du pont.
Le pont est transparent au niveau de l'adressage logique. Deux segments pourront
donc être dans le même espace d'adressage malgré le découpage
par le pont. Si le destinataire et l'émetteur sont sur des sous-réseaux
séparés, la trame est émise vers l'autre sous-réseau.
Si le destinataire est inconnu, la trame est recopiée sur tous les
sous-réseaux.
Il existe aussi des demi-ponts permettant de connecter des sous-réseaux
se situant à des distances importantes l'un de l'autre mais dont on
veut qu'ils soient dans le même domaine d'adressage logique. La connexion
peut être de type modem ou PPP.
Les ponts peuvent aussi permettre de relier des entités ayant des système
de câblage différents.
Les passerelles
Appelées aussi gateway, elles travaillent sur les couches
hautes de l'OSI à partir de la couche 3. Il peut arriver que l'on
veuille interconnecter des réseaux utilisant des protocoles différents.
L'information est codée et transportée différemment sur
chacun des réseaux. Si l'on souhaite faire communiquer un réseau
de PC sous windows avec un réseau de macintosh ou un réseau propriétaire
BULL, IBM ..., il faudra un matériel permettant d'échanger les
informations en effectuant la transition entre les protocoles des deux mondes.
Les passerelles réalisent cette transition en convertissant les protocoles
de communication de l'un vers l'autre. De fait de ce travail, elles ralentissent
les transmissions.
Les commutateurs
Ils sont aussi appelés Switch et travaillent au niveau 2 du modèle
OSI ou 3 si ils intègrent une fonction de routage.
Ce matériel a été créé pour segmenter les réseaux un peu à la manière des
ponts. Mais à la différence des ponts, chaque port du commutateur est
un domaine de collisions. Cela implique que sur chaque port les stations peuvent
émettre sans se soucier des autres postes. Les données sont transmises au
commutateur puis, si le port destination est libre, au destinataire, sinon
le commutateur les conserve en mémoire et les met dans la file d'attente concernant
le port.
Il existe deux types de commutateurs, les Store-Forward (les données
sont stockées avant d'être envoyées vers le port destination) et les Cutt
Through (envoi des données à la volée).
Le commutateur dispose d'un bus interne qui propose des vitesses de transmission
des données de l'ordre du GBits/s. Sur un port du commutateur peut être connecté
un concentrateur par exemple. La vitesse du port du commutateur sera partagée
(et non divisée) par la totalité des équipements de ce sous-réseau
virtuel.
Les commutateurs permettent au moyen de cartes modulaires d'associer des technologies
hauts débits 100Mbits/s (ATM, 100Base-T, fibres optiques ...) à
des technologies existantes 10Mbits/s (10Base-T, 10Base-2 ...). Il existe aussi
des ports 10/100 auto-commutables (Auto sensing) permettant selon les cas d'être
en 10 ou 100 Mbits/s. Les commutateurs, tout comme les concentrateurs, peuvent
être simples, empilables ou modulaires.
Pour connecter deux commutateurs, un port spécifique haut débit est souvent
utilisé.
Les commutateurs permettent de regrouper certains de leurs ports, de ce fait,
il est possible de créer un réseau virtuel isolé logiquement du reste des
machines. On parle de VLAN (Virtual Local Area Network). Les commutateurs
possèdent une mémoire propre leurs permettant de récupérer et de mémoriser
les données reçues avant de les émettre vers le bon port de sortie. Ils peuvent,
afin d'améliorer ce système, mémoriser les adresses matériels des matériels
connectés, à ce Titre, un commutateur peut stocker de 1024 à 2048 adresses
par port. Lors de la mise en place de commutateurs, il est généralement d'usage
de dédier des ports aux matériels ou sous-réseaux les plus gourmands en bande
passante permettant ainsi de désengorger le trafic. Les serveurs de données,
générant beaucoup de trafic, auront le plus souvent un port directement affecté
à leur connexion.
Le commutateur est un matériel actif qui nécessite une configuration. On peut
s'y connecter comme sur un serveur au moyen d'un telnet. Un ensemble de commandes
d'administration sont disponibles. Il existe maintenant souvent un serveur
web intégré permettant de réaliser des statistiques.
Les modems
Le mot modem signifie Modulateur-Démodulateur. La liaison dépend des lignes téléphoniques en cuivre(Norme X.25 du CCITT).
Les signaux numériques ne peuvent être transmis dans de bonnes conditions, cela
est du au type de câble utilisé pour les liaisons téléphoniques. Le modem va
donc moduler ce signal numérique (binaire 0 1) en un signal analogique (sinusoïdal)
en modifiant la fréquence, l'amplitude du signal.
Les nouvelles normes V34 en mode compressé permettre d'atteindre des
vitesses de l'ordre de 56 Kbps. Les liaisons peuvent se faire d'un modem vers une batterie de modem
style ANNEX comme chez les fournisseurs d'accès. Cela permet d'associer
une adresse logique (IP) "dynamiquement" pour chaque connexion.
Récemment, la norme V92 est apparue sur les nouveaux modèles de modems. Cependant, il faut s'assurer que votre fournisseur d'accès
est compatible V92 comme chez Free par exemple.
Les routeurs
Les routeurs travaillent au niveau 3 du modèle
OSI avec comme unité de transmission les paquets.
Ils permettent d'acheminer les paquets en trouvant le meilleur chemin vers le
destinataire. Un routeur comme un pont relie des sous-réseaux
mais sa capacité de routage en fait un équipement plus "intelligent". Le routeur
travaillant au niveau 3 est donc dépendant de l'architecture utilisée dans les
différents réseaux qu'il relie. Afin de lever cette limitation, les routeurs
intègrent le plus souvent une fonction de passerelle (bridge) leur permettant
d'acheminer les paquets quelque soit l'architecture utilisée (IP vers X25 ...)
Un routeur est composé de deux parties principales :
- la partie matérielle composée de ports appelés interfaces recevant et émettant
les trames au format adéquat correspondant à l'architecture du réseau destinataire
(ethernet, token-ring, fddi ...).
- La partie logicielle propre aux routeurs
et qui ressemble à un système d'exploitation unix permettant une administration
du matériel afin de le configurer pour une utilisation optimale. Cette partie
a pour tâche d'acheminer les paquets vers l'interface correcte du routeur.
Le routeur se sert de l'adresse logique (IP) pour trouver le chemin vers
le destinataire. A partir d'une adresse de destination contenue dans la trame,
les routeurs successifs doivent le trouver.
Un routeur permet aussi de structurer un réseau. Tant que le destinataire
a une adresse logique appartenant au réseau émetteur, les paquets restent
confinés dans ce réseau.
Les routeurs utilisent des tables de routage. Ces tables contiennent
des informations indiquant quelle interface (voie) doit emprunter l'information
si elle est adressée à telle ou telle adresse logique. L'acheminement de l'information
est effectué par des routeurs à travers leurs différentes interfaces "porte
d'entrée et de sortie". Ils acheminent ainsi les informations vers les matériels
accessibles depuis ces interfaces. Le réseau dans lequel se situe le destinataire
est, connecté directement à l'interface ou indirectement (l'information doit
traverser encore d'autres routeurs avant d'arriver). Un même interface peut
contenir plusieurs adresses logiques, permettant alors avec une seule " porte
" d'atteindre plusieurs réseaux ou sous réseaux.
Les routeurs s'échangent ces tables de routage, afin de trouver le destinataire
plus rapidement. Il est évident que ces tables peuvent devenir gigantesques.
Il est donc possible de configurer les routeurs pour qu'ils ne transmettent
pas ces tables.
Les routeurs prennent en compte le coût du transport pour trouver le meilleur
chemin. Ce coût peut prendre en compte le nombre de routeurs à traverser,
le débit, la fiabilité des liaisons, le délai ...
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